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  • La Zébrelle

📢 Le témoignage de Sandrine : elle apprend qu'elle est autiste à 40 ans

Dernière mise à jour : 26 juil.



 

Sa présentation et son parcours

J’ai été une petite fille sans histoire, pas très bonne à l’école surtout en maths (dyscalculie). J’ai des difficultés à mettre les mots ou les phrases dans l’ordre. J’ai donc besoin de beaucoup de concentration pour m’exprimer à l’oral. Je pensais que tout le monde était pareil. J’avais toujours une ou deux copines pas plus… cela me suffisait à créer mon monde, mon cocon. J’ai eu la chance d’être bien entourée par ma famille, j’ai eu une enfance heureuse.


Au collège, un peu plus compliqué, j’ai connu le harcèlement l’année qui a suivi mon redoublement. Je n’étais pas du tout intégrée dans cette nouvelle classe de 4ème. J’ai subi pour la première fois le rejet, les moqueries, et le racket.


Puis au Lycée pareil, j’étais le bouc émissaire d’un jeune. J’ai été défendu par un gars qui s’appelle Afid. C’est drôle, je me souviens du prénom de mon sauveur, mais pas celui de mon bourreau.


Bien des années plus tard, je suis rentrée dans le monde du travail et son univers impitoyable. En quittant l’école assez vite, je pensais que la vie serait plus tranquille, que j’allais rencontrer des adultes professionnels et bienveillants… quelle erreur ! Malheureusement j'y ai fait de mauvaises rencontres. Même si je ne suis pas parfaite, que j’ai mon caractère, je ne pense pas avoir mérité autant de férocité. La gentillesse à notre époque est devenuefaiblesse.


Je suis extrêmement fatiguée de tout ça. Je donne tout aux entreprises qui m’emploient. J’ai fini par quitter certaines sociétés par épuisement, ou alors elles mettaient un terme parce que « c’est mieux pour toi ! ». Oui parce que beaucoup de gens savent à ma place... Sans leur demander, j’étais conseillée, reprise, j’avais des leçons de vie, des dictées aussi (le pompon sur la Garonne). Pour eux rien à dire sur la qualité de mon travail, mais il fallait que je rentre dans le moule de radio moquette. Ce que je n’aime pas en entreprise c’est qu’on y passe beaucoup plus de temps et d’énergie dans les cancans justement que dans le travail lui-même. Je fais partie de ceux qui ne se lèvent presque jamais de leur poste. J’étais dans une concentration extrême. J’ai fini par être à l’écart des groupes et des discussions.


Je suis plutôt quelqu’un de très positif, mais l’environnement devenait compliqué. De la même façon, je pensais que tout le monde avait les mêmes difficultés que moi. Alors pourquoi je ressentais les événements aussi intensément ? Pourquoi l’histoire se répétait-elle ? Je veux juste travailler point !


J’ai fait un burnout et une dépression qui m’ont conduit à consulter un nouveau spécialiste. Après des années de tumultes, j’entends parler pour la première fois du TSA, c’était en juin 2020. Le délai était très long pour un diagnostic, j’ai pris rendez-vous dans un cabinet de psychologues libérales spécialisées dans l’Autisme et autres troubles. En octobre 2020, bim ! Je découvre que je suis autiste de haut niveau type asperger. Je suis soulagée, je comprends mieux l’histoire de ma vie et mon mode de fonctionnement. Fin 2020 mon diagnostic fut validé par un médecin psychiatre. Sans minorer les difficultés, je sais maintenant que mes qualités sont une force !