top of page

Mon enfant ne veut plus aller à l’école : que faire ?

  • Photo du rédacteur: La Zébrelle
    La Zébrelle
  • il y a 32 minutes
  • 8 min de lecture

« Je ne veux pas aller à l’école. »


Lorsque votre enfant répète cette phrase chaque matin, il peut être difficile de savoir comment réagir.


Est-ce une simple envie de rester à la maison ? Une fatigue passagère ? Une difficulté avec les apprentissages ? Un problème avec un camarade ? De l’anxiété ? Du harcèlement ?


Il n’existe pas une seule raison qui explique le refus d’aller à l’école.


Avant de chercher à convaincre votre enfant d’y retourner, il est important d’essayer de comprendre ce qu’il vit.


Enfant inquiet avec son sac à dos accompagné par son parent avant d'aller à l'école
Lorsque votre enfant ne veut plus aller à l'école, il est important d'essayer de comprendre ce qu'il vit https://www.poliklinikagoldenmind.hr/


Ne minimisez pas ce que votre enfant vous dit

Lorsqu’un enfant dit qu’il ne veut plus aller à l’école, il peut être tentant de répondre :

« Tu dois y aller, tout le monde va à l’école. »

Ou :

« Tu verras, ça ira mieux demain. »

Pourtant, si votre enfant exprime régulièrement son envie de rester à la maison, cela mérite d’être écouté.


Le stress et l’anxiété peuvent se manifester de différentes façons chez les enfants : maux de ventre, maux de tête, difficultés de sommeil, pleurs, irritabilité, isolement ou évitement de certaines situations, notamment l’école.


Cela ne signifie pas nécessairement que votre enfant souffre d’un trouble anxieux.

Cela signifie simplement que son comportement peut être une manière de vous signaler que quelque chose ne va pas.



Essayez de comprendre ce qui se passe

Plutôt que de poser une seule grande question comme :

« Pourquoi tu ne veux pas aller à l’école ? »

Vous pouvez essayer de poser des questions plus précises.


Par exemple :

  • « Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi à l’école en ce moment ? »

  • « Est-ce que c’est difficile en classe ou plutôt pendant les récréations ? »

  • « Est-ce qu’il y a quelque chose qui te fait peur ? »

  • « Est-ce que tu te sens bien avec les autres élèves ? »

  • « Est-ce qu’il y a un moment de la journée que tu n’aimes pas particulièrement ? »

  • « Est-ce que tu trouves certaines activités trop difficiles ? »

  • « Est-ce qu’un adulte ou un autre enfant t’a fait quelque chose ? »


Vous n’aurez peut-être pas de réponse immédiatement.


Certains enfants ne savent pas encore mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. D’autres peuvent avoir peur de parler.


Vous pouvez alors passer par le dessin, le jeu ou une discussion à un moment où votre enfant est plus détendu.


Parent écoutant son enfant parler de ses difficultés à l'école
Écouter votre enfant sans le juger peut l'aider à mettre des mots sur ce qu'il ressent. https://www.terapeuticamente.cl/

Plusieurs raisons peuvent expliquer le refus d’aller à l’école

Le refus scolaire peut avoir des origines très différentes.


Votre enfant peut par exemple être préoccupé par :

  • Les apprentissages : une matière lui semble trop difficile, il a peur de se tromper ou se sent en échec.

  • Les relations avec les autres : il se sent isolé, a des difficultés à se faire des amis ou rencontre des conflits avec certains élèves.

  • Le harcèlement ou l’intimidation : votre enfant peut avoir peur d’un camarade, d’un groupe ou d’un endroit précis de l’école.

  • Le bruit et les stimulations : certaines situations peuvent être particulièrement fatigantes ou difficiles à gérer.

  • Les changements : une nouvelle classe, une nouvelle école, un changement d’enseignant ou une transition peuvent être source de stress.

  • L’anxiété : l'enfant peut ressentir une inquiétude importante sans toujours parvenir à expliquer exactement pourquoi.


🍁 Le Gouvernement du Québec souligne d’ailleurs que des situations scolaires ou sociales, comme un changement d’école, les attentes scolaires ou certaines difficultés relationnelles, peuvent contribuer au stress et à l’anxiété chez l’enfant.



Observez les changements

Votre enfant ne dira pas toujours directement ce qui lui pose problème. Soyez attentif aux changements qui apparaissent autour de l’école.


Par exemple :

  • des maux de ventre avant de partir ;

  • des pleurs au moment de se préparer ;

  • des difficultés à dormir ;

  • une fatigue importante ;

  • une irritabilité inhabituelle ;

  • un changement dans les résultats scolaires ;

  • un retrait des activités qu’il aimait ;

  • une peur particulière liée à certains lieux ou moments de la journée ;

  • une demande répétée de rester à la maison.


Un changement isolé ne permet pas de conclure à une cause précise.

En revanche, l’apparition de plusieurs changements ou leur répétition mérite votre attention.



Et si le problème venait de l’école ?

Lorsque votre enfant vous dit qu’il ne veut plus aller à l’école, il peut être utile de prendre contact avec l’équipe éducative.


Vous pouvez commencer par expliquer simplement ce que vous observez :

« Depuis plusieurs semaines, mon enfant pleure chaque matin et dit qu’il ne veut plus aller à l’école. À la maison, nous avons également remarqué qu’il dort moins bien. Pourriez-vous nous aider à comprendre ce qui se passe ? »

Cette approche permet d'ouvrir le dialogue sans arriver avec une conclusion déjà établie.


L'enseignant peut avoir remarqué des choses que vous ne voyez pas à la maison : changement de comportement en classe, isolement, difficultés pendant les récréations ou difficultés particulières dans certaines activités.


De la même manière, votre observation à la maison peut apporter à l’équipe-école des informations importantes.


Le dialogue entre la famille et l’école peut permettre de croiser ces observations.



Ne cherchez pas immédiatement une étiquette

Un enfant qui refuse l’école n’a pas nécessairement un diagnostic ou un trouble

particulier.


Il peut simplement traverser une période difficile.


L’important est d’abord de partir de son besoin réel.


Un enfant peut avoir besoin d’un endroit plus calme pour travailler, de davantage de temps pour terminer une activité, d’une explication différente, d’une pause, d’un adulte de confiance ou simplement de pouvoir exprimer ce qu’il ressent.


Parfois, une adaptation simple peut faire une grande différence.


Répondre à un besoin ne signifie pas forcément attendre qu’un diagnostic soit posé.


C’est aussi l’une des idées au cœur de l’approche inclusive : observer l’enfant,


comprendre ce qui lui permet de mieux fonctionner et chercher des solutions adaptées.


Enfant discutant avec son enseignant dans une classe
Le dialogue entre la famille et l'équipe-école peut aider à comprendre ce que vit l'enfant. https://www.vectorstock.com/royalty-free-vectors


Que faire si vous pensez au harcèlement ?

Si votre enfant semble avoir peur de l’école, se replie sur lui-même, change brusquement de comportement ou évoque des moqueries, des menaces ou une mise à l’écart, il est important de prendre la situation au sérieux.


🍁 Le Gouvernement du Québec recommande notamment aux parents de rester attentifs aux changements de comportement et de communiquer avec un membre de l’équipe-école en cas d’inquiétude liée à une situation d’intimidation.


Vous pouvez également noter les faits que votre enfant vous rapporte : dates, lieux, personnes concernées et changements observés.


Ne cherchez pas à régler seul un conflit directement avec les autres enfants ou leurs parents.


L’école doit pouvoir être associée à la recherche d’une solution et à la protection de votre enfant.


Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre article sur le harcèlement

scolaire (intimidation scolaire).



Aidez votre enfant à retrouver un sentiment de sécurité

Lorsque votre enfant traverse une période difficile, les petites habitudes peuvent être rassurantes.


Vous pouvez notamment :

  • conserver autant que possible une routine stable ;

  • préparer les affaires scolaires la veille ;

  • prévoir suffisamment de temps le matin pour éviter de commencer la journée dans la précipitation ;

  • prendre quelques minutes pour écouter votre enfant ;

  • lui permettre d'exprimer ses inquiétudes sans se moquer de lui ;

  • identifier avec lui un adulte de confiance à l'école ;

  • chercher avec lui des solutions plutôt que de décider systématiquement à sa place.


🍁 Le Gouvernement du Québec recommande notamment de maintenir une routine et d’aider l’enfant à mettre des mots sur ses émotions lorsqu’il vit du stress ou de l’anxiété.



Quand faut-il demander de l’aide ?

Vous n’avez pas besoin d’attendre que la situation devienne très importante pour demander de l’aide.


Si le refus d’aller à l’école se répète, s’intensifie ou s’accompagne d’une détresse importante, de difficultés dans les activités quotidiennes, de problèmes de sommeil ou de symptômes physiques persistants, il peut être utile d’en parler à un professionnel.


🍁 Au Québec, le Gouvernement recommande notamment de consulter lorsqu’un enfant vit une détresse importante, lorsque l’anxiété nuit à ses activités quotidiennes ou lorsque la situation persiste.


L’équipe de l’école peut également être un interlocuteur important.


🇫🇷 En France, le ministère de l’Éducation nationale reconnaît également le refus scolaire anxieux parmi les situations pouvant nécessiter un accompagnement afin d’éviter une rupture de parcours scolaire.



Que faire si votre enfant ne veut plus aller à l’école ?

Il est parfois difficile pour un enfant de dire exactement ce qui ne va pas.

Il peut commencer par dire :

« Je déteste l’école. »

Alors qu’en réalité, il veut peut-être dire :

« J’ai peur de la récréation. »

Ou :

« Je ne comprends pas les exercices. »

Ou encore :

« Je suis tellement fatigué que je n’arrive plus à suivre. »

Votre rôle n’est pas forcément de trouver la réponse immédiatement.


Votre première mission peut simplement être de lui montrer que vous l’écoutez et que vous allez chercher des solutions avec lui.


Enfant accompagné dans une classe bienveillante après une période de difficulté scolaire
Comprendre ce qui se passe est une première étape pour aider votre enfant à retrouver un sentiment de sécurité à l'école. https://www.comune.mottasantanastasia.ct.it/


Et si votre enfant ne veut vraiment plus y aller ?

La situation peut être particulièrement difficile lorsque chaque matin devient une bataille.

Il est important de ne pas transformer chaque départ à l’école en rapport de force.


Cela ne signifie pas qu’il faut simplement laisser la situation s’installer.


Au contraire, il s’agit de chercher rapidement ce qui bloque et de travailler avec les personnes qui peuvent aider votre enfant.


L’objectif n’est pas seulement de faire revenir votre enfant à l’école.


C’est de comprendre pourquoi il ne s’y sent plus bien et ce qui pourrait l’aider à retrouver progressivement un sentiment de sécurité.



Pour finir

Lorsqu’un enfant ne veut plus aller à l’école, il peut être difficile de savoir quoi faire.

Mais derrière un « je ne veux pas y aller », il peut y avoir beaucoup de choses : une peur, une difficulté, une fatigue, un conflit, un sentiment d’exclusion ou simplement un besoin qui n’est pas encore compris.


Écouter, observer, questionner sans juger et travailler avec l’école sont souvent de premières étapes importantes.


Et surtout, votre enfant n’a pas besoin de trouver les bons mots tout seul pour être entendu.


Parfois, le premier pas consiste simplement à lui dire :

« Je vois que quelque chose est difficile pour toi. On va essayer de comprendre ensemble. »


Sources et ressources


🍁 Québec

  • Stress et anxiété chez votre enfant ou adolescent — Gouvernement du Québec : signes à observer, situations pouvant provoquer de l’anxiété, quand consulter et conseils pour accompagner son enfant. Consulter la ressource

  • Soutenir un enfant qui vit du stress ou de l’anxiété — Gouvernement du Québec : conseils pratiques pour les parents, notamment sur les réactions possibles, la routine et les façons de rassurer son enfant. Consulter la ressource

  • Intimidation à l’école — Gouvernement du Québec : reconnaître les signes d’intimidation, accompagner son enfant et collaborer avec l’école. Consulter la ressource

  • À propos de l’intimidation — Gouvernement du Québec : définition de l’intimidation, conséquences et ressources pour les parents. Consulter la ressource

  • Droits et responsabilités des élèves dans une situation d’intimidation ou de violence — Gouvernement du Québec : ressources et guides pour les parents et les élèves. Consulter la ressource


🇫🇷 France

  • Non au harcèlement — Ministère de l’Éducation nationale : programme national de prévention et de lutte contre le harcèlement à l’école, avec notamment le dispositif Phare et le 3018. Consulter la ressource

  • Mon enfant est victime de harcèlement — Ministère de l’Éducation nationale : conseils aux parents pour repérer une situation, dialoguer avec l’établissement et obtenir de l’aide. Consulter la ressource

  • Non au harcèlement – Des clés pour les familles — plateforme gratuite du ministère pour aider les parents à comprendre, repérer et prévenir le harcèlement et le cyberharcèlement. Consulter la ressource

  • Le 3018 — numéro national gratuit, anonyme et confidentiel pour les situations de harcèlement et de cyberharcèlement. Il est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h. Voir les informations officielles sur le 3018



ℹ️ Cet article est proposé à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical, psychologique ou professionnel adapté à la situation de votre enfant.

Commentaires


bottom of page